Salle capitulaire - l'Hopital Beaulieu

Historique

      En 1236, Gerbert de Thémines, homme noble, et son épouse Dame Aigline de Castelnau fondent un hôpital au lieu-dit Pech-Vilaugès.

       Le but de cet hôpital était de soigner et d’héberger gratuitement des malades, des voyageurs, des pèlerins, des orphelins ou des enfants abandonnés.

       En 1245, Géraud de Barsac, évêque de Cahors, donne l’église d’Issendolus et ses appartenances pour le service de l’hôpital. Gerbert et Aigline entrèrent en religion, dans le monastère mixte qu’ils avaient fondé et y vécurent jusqu’à leur mort, vers

1270.  Le 19 juillet 1259, Gerbert et Aigline offrent leur fondationaux hospitaliers de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem quideviendra en 1309, l’ordre souverain de Rhodes puis de Malteen 1530. 

Sainte Fleur (1309/1347) fut religieuse dans ce couvent.On lui attribue 109 miracles

      Pendant près de 600 ans, les dames de l’ordre de Maltedirigèrent cette communauté qui comprenait abbaye,hôpital, hospice, hôtellerie, maison d’éducation pour lesjeunes filles et exploitation agricole sur une superficie de 3hectares. 

      Après les guerres anglaises qui mirent à mal les bâtiments, trois prieures firent reconstruire et aménager le monastère de 1463 à 1540. De 1615 à 1618, fut élevé le grand mur d’enceinte de 715 mde long et de 7 m de haut. L’eau était amenée depuis unesource située à 3 km par des canalisations en bois. Sous Galiote II, elles furent remplacées par des canalisationsen terre cuite. 

       Le comité révolutionnaire de Figeac, en 1793, chassa lesreligieuses, fit brûler les archives et le mobilier et vendit lesbâtiments comme biens nationaux.

      L’église du couvent qui avait été reconstruite en 1617 servitde carrière pendant le XIX ème siècle d’après l’ouvrage «Archives de pierre » (p. 212) imprimé en 2011. La première église avait été dédiée à Saint Antoine. La seconde fut dédiée à Saint Jean-Baptiste.

      Il ne reste aujourd’hui que des ruines. La salle capitulaire de 20 m de long sur 7 m de large est en train des’effondrer. Il reste les vestiges de la chapelle avec de beaux médaillons en clé de voûte, le puits, le corps de garde et deux tours de garde. Quatre propriétaires ont chacun une partie de ces lieux si chargés d’histoire.

L’Hôpital-Beaulieu est depuis 1793 un hameau de la commune d’ ISSENDOLUS.

Prieuré Sainte-Marie et Saint-Jean-Baptiste de moniales de l'ordre de Malte

         Les premiers bâtiments de l'hôpital fondé par Gerbert (ou Guibert) et Aigline de Thémines auraient été construits dès 1236 ; le nouvel établissement, qui prit par la suite le nom d'Hôpital-Beaulieu, est rattaché en 1259 à l'ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, et ses statuts définitifs lui sont donnés en 1298 par le grand maître Guillaume de Villaret : le nombre des moniales est fixé à trente-neuf et le couvent est placé sous l'autorité d'une prieure (E. Albe, 1941, p. 183-185).

          La salle capitulaire, qui est dite "neuve" en 1298 (Albe, 1941, p. 186), nous a été conservée et son décor sculpté permet en effet de la dater de la seconde moitié du 13e siècle. Après la guerre de Cent ans, de nouvelles constructions sont réalisées par la prieure Anne de Castelnau (1486-1528), dont ne subsistent que quelques maigres vestiges.

         Lors d'une visite effectuée en 1550, le commandeur de Lacapelle-Livron Beguot de Gabriac trouve un couvent en bon état, tant matériel que spirituel, mais l'église est pillée et presque rasée par les huguenots en 1562 (Albe, 1941, p. 197, 198).

          Galiote de Gourdon de Ginouillac, coadjutrice, essaie de réformer le couvent et fait reconstruire à neuf l'église qui est consacrée par l'évêque de Tulle avant 1617 (Albe, 1941, p. 204).

     Sa nièce, qui porte le même nom de Galiote de Ginouillac, reprend son oeuvre de réforme et fait réparer le cloître et les bâtiments conventuels (infirmerie, cuisine, réfectoire), et fait enclore le couvent par un haut mur, qui subsiste en partie (Albe, 1941, p. 212).
       L'Hôpital-Beaulieu est vendu comme bien national pendant la Révolution, et ses bâtiments sont ensuite saccagés et dépecés.

       L'abbé Chevalt achète vers 1860 le portail de la chapelle capitulaire qui est remonté dans la façade de la chapelle Sainte-Anne à Rocamadour. Une clef de voûte aux armes des Cardaillac se trouverait aujourd'hui à Gramat.

       Le rez-de-chaussée de l'aile orientale du cloître est conservé, avec la salle capitulaire et une chapelle (?) attenante au sud ; l'élévation extérieure montre les traces de l'arrachement des voûtes de la galerie qui la précédait.

      De l'église ne subsiste qu'une partie du mur nord, sur une hauteur de deux mètres environ. Quelques vestiges d'autres bâtiments ainsi qu'une partie des murs de l'enceinte sont également conservés.

Seule la salle capitulaire est protégée au titre des Monuments Historiques et non l'ensemble du site (depuis 2004).

        En 2017, la famille propriétaire de ce bien historique a légué gratuitement à l'association "Patrimoine matériel et immatériel de l'Hôpital Beaulieu, Issendolus et Sainte-Fleur"  le site afin que cette association réhabilite et sécurise les lieux.